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 A quoi ressemble votre film intérieur ?

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Voguerêve
Voguerêve
Maître Floc Floc
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MessageSujet: A quoi ressemble votre film intérieur ?   A quoi ressemble votre film intérieur ? EmptyVen 30 Aoû 2019 - 15:38

Durant diverses discutions à propos du MBTI on m'a présenté l'idée qu'il existait différentes manières fonctionnelles d'appréhender son environnement et de prendre des décisions.


Cette idée m'est relativement étrangère. En effet, je passe une très grosse partie de mon temps à essayer de percevoir le monde de la manière la plus juste et à optimiser mes raisonnement, afin de prendre les meilleurs décisions possible. De ce fait, tout fonctionnement autre que le mien me semble inefficace et nécessiter une « réparation ».


Cependant, force m'est de reconnaître que tout le monde ne fonctionne pas comme moi et que personne ne semble séduit par l'idée que je le « répare ». Je suppose qu'il existe une raison à cet état de fait. Une piste de réponse apportée par le MBTI, est l'existence de différentes fonctions cognitives.


Si j'ai bien compris le concept de fonctions cognitive, les différences de comportement individuel sont dut à l'utilisation prioritaire de certaine fonctions plutôt que d'autres. Je me demandais donc si les différences de préférences dans l'utilisation des fonctions cognitive induisait une différence dans la manière subjective de ressentir le monde.


En bref, est-ce que vos décisions sont différentes des miennes parce que votre monde intérieur est différent du miens ?


Par monde intérieur j'entend ici, l'ensemble de nos expériences conscientes. Il s'agit donc du « film intérieur » que nous vivons. Ce filme est constitué des successions de sensations physiques et émotions provoquées par l'interaction avec le monde extérieur, la (ou les) voix qui parle(nt) dans notre tête pour réfléchir ou jugé, les sensations et émotions vécue par remémoration du passé, anticipation de l'avenir ou par l'imagination.


Pour l'exemple je vais essayer de vous raconter à quoi ressemble mon film intérieur :


Quand je suis seul, dans un premier temps j'ai conscience des différentes sensations physique de mon corps, je perçois en même temps mon corps de l'intérieur (l'emplacement de mes membres et la successions de mes mouvements) et le monde extérieur par la vue et l'ouïe (et l'odorat plus marginalement). Dans ce laps de temps mon esprit est vide de pensé et aucune voix ne parle.


Puis de manière régulière toutes les quelques minutes (entre 1 et 3 approximativement) mon esprit se met en activité et me coupe presque complètement du monde extérieur :


Parfois je m'imagine ailleurs, la manières dont je réagirait dans une situation (soit qui est arrivé pour explorer d'autre possibilités, soit qui va arriver pour m'y préparer et parfois une situation complètement fantaisiste et déconnecté de ma vie). Je vis cela comme on regarde une série à la télévision, j'ai des images qui couvrent celles de la réalité et j'entend les voix des différents protagonistes comme si ils étaient là. Dans ces projection je n'ai pas l'impression de choisir ce que dit ma voix intérieure. Ces projections peuvent faire naître en moi des émotions (mais ce n'est pas systématique), il s'agit le plus souvent de colère, de peur ou de désespoir.


A d'autres moments, mon esprit passe en mode analyse. Une voix intérieure déroule alors une série de réflexions comme si quelqu'un me faisait un exposé. Il lui arrive de commencer un argument puis de s'arrêter au milieu en disant « non, cela n'a pas de sens... » puis de reprendre avec un argument plus pertinent. Ces exposés sont en général axés sur des sujets qui m’intéressent en ce moment. En écoutant cette voix je fais souvent le liens entre plein de concepts et toute ma compréhension du monde vient de là. De la même manière que pour les projections, je n'ai pas l'impression d'avoir le contrôle sur ce que dit cette voix. Ces phases d'analyse sont très stimulante pour moi, comprendre des choses me donne du plaisir. Cependant quand le sujet de l'analyse est de la philosophie il m'arrive de ressentir du désespoir ou de la peur face aux conclusions (typiquement tous les sujets qui parlent du sens de la vie ou de la mort), mais mon envie de continuer l'analyse prend systématiquement le pas sur la peur.


Quand mon esprit est actif je n'ai plus qu'une conscience atténué de ce qui se passe autour de moi dans le monde extérieur. Un mouvement brusque ou un bruit fort me ramène dans mon corps instantanément mais sinon je peux rester très longtemps dans ma tête. Les projections ont généralement un impact négatif sur mon bien être à cause de leurs charges émotionnelle négatives, dès que je réalise que je suis dans une projection j'ai pris l'habitude de revenir assez vite dans mon corps. Je reviens également dans mon corps si le sujet de l'analyse que me propose mon esprit ne me convient pas ou que j'estime que ce n'est pas le moment d'avoir cette réflexion (par exemple parce qu'il manque des données).


J'oscille donc constamment entre mon corps et ma tête dans des successions de phases de quelques minutes chacune. Je dois fournir un effort pour revenir dans mon corps et effacer les émotions néfaste générée, ma pente naturelle étant de me perdre dans ma tête en descendant dans une spiral de désespoir.


Quand je suis avec d'autre personnes c'est différent. L’interaction avec les autres m'ancre facilement dans mon corps et je ne subis ni projection, ni analyse. Je n'ai pas à fournir l'énergie pour rester dans mon corps (ce qui est extrêmement appréciable pour moi). Quand j'argumente avec quelqu'un d'autre c'est exactement comme si la voix qui fait les analyses dans ma tête parlais par ma voix. L’interaction avec les autres est la source principale de ma joie et de mon plaisir. L'émulation du groupe me gonfle d'une motivation qui me fait généralement défaut quand je suis seul.


A quoi ressemble votre film intérieure ? Est-ce qu'il ressemble au miens ? Ou existe-t-il une manière drastiquement différentes de percevoir le monde ?
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nuages
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Arpenteur de la Voie
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MessageSujet: Re: A quoi ressemble votre film intérieur ?   A quoi ressemble votre film intérieur ? EmptyLun 2 Sep 2019 - 19:58

Merci pour ton sujet de discussion très intéressant, Voguerêve ! Je n'ai pas été très méthodique dès le départ pour répondre à ton post. J'ai essayé de regrouper ensemble les citations et mes réponses après coup.


Code couleur :
Citations de Voguerêve
Réponses de nuages


Durant diverses discutions à propos du MBTI on m'a présenté l'idée qu'il existait différentes manières fonctionnelles d'appréhender son environnement et de prendre des décisions. [...] Une piste de réponse apportée par le MBTI, est l'existence de différentes fonctions cognitives.

J'ai des doutes sur la réalité des fonctions cognitives telles que décrites dans le MBTI et sur la présence de preuves scientifiques dans ce domaine.

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Cette idée m'est relativement étrangère. En effet, je passe une très grosse partie de mon temps à essayer de percevoir le monde de la manière la plus juste et à optimiser mes raisonnement, afin de prendre les meilleurs décisions possible. De ce fait, tout fonctionnement autre que le mien me semble inefficace et nécessiter une « réparation ». Cependant, force m'est de reconnaître que tout le monde ne fonctionne pas comme moi et que personne ne semble séduit par l'idée que je le « répare ». Je suppose qu'il existe une raison à cet état de fait.

On cherche tout.es à avoir raison, à faire les meilleurs choix. Cela dit, je trouve ça un poil prétentieux de croire que sa manière de faire est toujours la meilleure, et c'est un frein pour se remettre en question, progresser ou même aider les autres. Mais je pense que tu as un peu exagéré tes propos. Quand tu dis que tout le monde n'agit pas pareil, c'est une évidence. Je ne sais pas comment tu t'y prends pour essayer de "réparer" les gens, mais c'est sûr que ça ne fait pas forcément plaisir suivant la façon de faire. Tout le monde n'est pas facilement ouvert au changement de façon de pensée.

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Si j'ai bien compris le concept de fonctions cognitive, les différences de comportement individuel sont dut à l'utilisation prioritaire de certaine fonctions plutôt que d'autres. Je me demandais donc si les différences de préférences dans l'utilisation des fonctions cognitive induisait une différence dans la manière subjective de ressentir le monde.

En bref, est-ce que vos décisions sont différentes des miennes parce que votre monde intérieur est différent du miens ?

Par monde intérieur j'entends ici, l'ensemble de nos expériences conscientes. Il s'agit donc du « film intérieur » que nous vivons. Ce filme est constitué des successions de sensations physiques et émotions provoquées par l'interaction avec le monde extérieur, la (ou les) voix qui parle(nt) dans notre tête pour réfléchir ou jugé, les sensations et émotions vécue par remémoration du passé, anticipation de l'avenir ou par l'imagination.

Je trouve un peu réductrice cette idée de fonctions cognitives. Y a certainement un nombre colossal de facteurs qui régissent nos décisions. Ces "fonctions cognitives" en font peut-être partie, mais ça ne fait pas tout. Par exemple peut prendre des décisions différentes parce qu'on croit en des informations différentes, ou qu'on ne poursuit pas les mêmes objectifs. D'après ta définition de "monde intérieur", qui ressemble au présent de ce qui se passe dans notre système nerveux, je dirais que oui, ça influence forcément différemment nos prises de décisions.

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Pour l'exemple je vais essayer de vous raconter à quoi ressemble mon film intérieur :

Quand je suis seul, dans un premier temps j'ai conscience des différentes sensations physique de mon corps, je perçois en même temps mon corps de l'intérieur (l'emplacement de mes membres et la successions de mes mouvements) et le monde extérieur par la vue et l'ouïe (et l'odorat plus marginalement). Dans ce laps de temps mon esprit est vide de pensé et aucune voix ne parle.

Puis de manière régulière toutes les quelques minutes (entre 1 et 3 approximativement) mon esprit se met en activité et me coupe presque complètement du monde extérieur :

Parfois je m'imagine ailleurs, la manières dont je réagirait dans une situation (soit qui est arrivé pour explorer d'autre possibilités, soit qui va arriver pour m'y préparer et parfois une situation complètement fantaisiste et déconnecté de ma vie). Je vis cela comme on regarde une série à la télévision, j'ai des images qui couvrent celles de la réalité et j'entend les voix des différents protagonistes comme si ils étaient là. Dans ces projection je n'ai pas l'impression de choisir ce que dit ma voix intérieure. Ces projections peuvent faire naître en moi des émotions (mais ce n'est pas systématique), il s'agit le plus souvent de colère, de peur ou de désespoir.

Quand tu racontes ton film intérieur, j'ai l'impression que le fait de ressentir des émotions négatives t'obsède un peu, que tu veux à tout prix l'éviter, non ? Et aussi, que tu cherches à rentrer dans une sorte de méditation où tu n'entends plus de voix interne.

Je vois mal comment on peut se souvenir de sensations sans avoir eu de pensées associées. Les pensées ne sont pas forcément des voix, ça peut être une émotion, des images, un intérêt ou un dégoût ; elles sont le fruit d'informations comme la mémoire ou les sensations. Peut-être que tu as des phases plus imaginatives et d'autres plus perceptives. Ce qui est surement le cas pour tout le monde avec un système nerveux développé en "bon état". Après, on ne le fait surement pas tout.es de la même manière, mais là ça devient compliqué à observer et à comprendre.

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A d'autres moments, mon esprit passe en mode analyse. Une voix intérieure déroule alors une série de réflexions comme si quelqu'un me faisait un exposé. Il lui arrive de commencer un argument puis de s'arrêter au milieu en disant « non, cela n'a pas de sens... » puis de reprendre avec un argument plus pertinent. Ces exposés sont en général axés sur des sujets qui m’intéressent en ce moment. En écoutant cette voix je fais souvent le liens entre plein de concepts et toute ma compréhension du monde vient de là. De la même manière que pour les projections, je n'ai pas l'impression d'avoir le contrôle sur ce que dit cette voix. Ces phases d'analyse sont très stimulante pour moi, comprendre des choses me donne du plaisir. Cependant quand le sujet de l'analyse est de la philosophie il m'arrive de ressentir du désespoir ou de la peur face aux conclusions (typiquement tous les sujets qui parlent du sens de la vie ou de la mort), mais mon envie de continuer l'analyse prend systématiquement le pas sur la peur.

J'oscille donc constamment entre mon corps et ma tête dans des successions de phases de quelques minutes chacune. Je dois fournir un effort pour revenir dans mon corps et effacer les émotions néfaste générée, ma pente naturelle étant de me perdre dans ma tête en descendant dans une spiral de désespoir.

J'ai le sentiment que cette voix est plus toi qui recoupe des informations, qui ressent de la peur ou de l'intérêt, qu'une voix extérieure. Je ne crois pas que tu aies le choix de ne pas écouter cette voix, puisque tu en es l'origine. Tu peux cependant avoir d'autres réflexions, qui aboutiront à un autre jugement. Percevoir ces voix comme extérieures peut te donner le sentiment de perdre le contrôle de toi-même. Je te conseille d'aller voir un.e psychothérapeute formé en psychologie cognitive si tu crois percevoir la réalité à travers un voile, ou d'entendre des voix internes "extérieures". Cela peut être lié à un stress, un traumatisme ou être un signe de schizophrénie. https://psychotherapie.ooreka.fr/astuce/voir/643865/dissociation-mentale https://psychotherapie.ooreka.fr/astuce/voir/553777/derealisation https://psychotherapie.ooreka.fr/astuce/voir/395657/hallucinations-auditives

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Quand je suis avec d'autre personnes c'est différent. L’interaction avec les autres m'ancre facilement dans mon corps et je ne subis ni projection, ni analyse. Je n'ai pas à fournir l'énergie pour rester dans mon corps (ce qui est extrêmement appréciable pour moi). Quand j'argumente avec quelqu'un d'autre c'est exactement comme si la voix qui fait les analyses dans ma tête parlait par ma voix. L’interaction avec les autres est la source principale de ma joie et de mon plaisir. L'émulation du groupe me gonfle d'une motivation qui me fait généralement défaut quand je suis seul.

Moi aussi, je me sens plus ancré.e dans la réalité quand je suis au contact d'autres personnes. Je crois que c'est très stimulant pour moi. Parfois j'ai besoin d'un peu de solitude pour me reposer. Et à l'inverse, j'ai besoin de contact social pour ne pas déprimer. Je ne pense pas que les gens soient si différents sur ce point, mais tout le monde ne remplit pas ce besoin de la même manière. Par contre, je ne me pose pas la question de si la voix que j'emploie pour parler ne viendrait pas de moi.

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À quoi ressemble votre film intérieure ? Est-ce qu'il ressemble au mien ? Ou existe-t-il une manière drastiquement différentes de percevoir le monde ?

J'ai en partie répondu à ces questions juste au dessus. C'est très difficile de savoir comment chacun.e fonctionne exactement. Ce sont des questions de psychologie auxquelles je n'ai pas de réponses justes à donner. Sauf peut-être pour la dernière : Il existe surement tout un tas de façons très différentes de percevoir le monde, ça dépend bien sûr sur quels aspects.
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Voguerêve
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MessageSujet: Re: A quoi ressemble votre film intérieur ?   A quoi ressemble votre film intérieur ? EmptyLun 2 Sep 2019 - 21:21

Je vais garder le même code couleur pour répondre.


"J'ai des doutes sur la réalité des fonctions cognitives telles que décrites dans le MBTI et sur la présence de preuves scientifiques dans ce domaine."


Ne t'inquiète pas, moi aussi. Mais le sujet n'est pas de discuter de la validité scientifique du modèle du MBTI.


"On cherche tout.es à avoir raison, à faire les meilleurs choix. Cela dit, je trouve ça un poil prétentieux de croire que sa manière de faire est toujours la meilleure, et c'est un frein pour se remettre en question, progresser ou même aider les autres. Mais je pense que tu as un peu exagéré tes propos."


Quelqu'un qui n'utilise pas de méthode de raisonnement, qui base ses décision sur son instinct ou ses ressenti, pour moi elle ne cherche pas à faire les meilleurs choix. Si il n'est pas possible d'avoir un feedback sur une expérience on ne peut en retirer aucune information. Or, si on se fit à l'instinct on tombe systématiquement et sans s'en rendre compte dans tous les pièges des biais cognitifs. C'est pourquoi je dis que la méthode rationnelle est objectivement meilleure que les autres.


"Quand tu dis que tout le monde n'agit pas pareil, c'est une évidence. Je ne sais pas comment tu t'y prends pour essayer de "réparer" les gens, mais c'est sûr que ça ne fait pas forcément plaisir suivant la façon de faire. Tout le monde n'est pas facilement ouvert au changement de façon de pensée."



La réparation consiste à ouvrir le cerveau du patient, et changer ses algorithmes de prises de décisions pour qu'ils soient rationnels et prennent en compte les biais cognitif.


"Quand tu racontes ton film intérieur, j'ai l'impression que le fait de ressentir des émotions négatives t'obsède un peu, que tu veux à tout prix l'éviter, non ?" 


C'est exacte, je ne comprend pas l'intérêt de ressentir des émotions négatives. J'en ai déjà suffisamment ressenti à mon goût. De plus elles ne sont la plupart du temps pas vectrices d'informations pertinentes. Il s'agit de souffrance gratuite qui a tendance à former des cercles vicieux.


"Et aussi, que tu cherches à rentrer dans une sorte de méditation où tu n'entends plus de voix interne."



Oui, j'ai l'impression que plus je pense et plus j'ai tendance à penser. Mais si je laisse penser sans contrôle, plutôt que de former des raisonnements cohérents et construit mon esprit ne me sers plus que des banalités, des théories farfelues et inutiles ou me lance dans des projections. Je préfère donc le canaliser par la méditation afin qu'il ne fasse que des choses utiles et qu'il ne génère pas d'émotions négatives.


"Je vois mal comment on peut se souvenir de sensations sans avoir eu de pensées associées. Les pensées ne sont pas forcément des voix, ça peut être une émotion, des images, un intérêt ou un dégoût "



Dans cette phrase "Dans ce laps de temps mon esprit est vide de pensé et aucune voix ne parle", je me suis mal exprimé, je voulais simplement dire que mon esprit est vide de voix. Je suis d'accord pour dire que les sensations et émotions sont des pensées.


 "Peut-être que tu as des phases plus imaginatives et d'autres plus perceptives. Ce qui est surement le cas pour tout le monde avec un système nerveux développé en "bon état". Après, on ne le fait surement pas tout.es de la même manière, mais là ça devient compliqué à observer et à comprendre."


Ce qui m'intéresse c'est justement la manière subjective que chacun a de vivre sa vie intérieur. Je voudrais pouvoir entrer dans vos tête et regarder vos films comme je regarde le miens. Si tous les filmes se ressemblent, alors j'aurai plutôt tendance à croire qu'il est éthique que je vous reprogramme de force. Tandis que si ils sont différents il me semblera plus important de comprendre ce qui créer ces différences et de trouver un moyen de déterminer quel films intérieur est le plus "pertinent", puis de modifier mon film intérieur pour qu'il s'y conforme. (puis dans un deuxième temps de modifier les films intérieurs de tous le monde pour qu'on soient tous parfait :P)


"J'ai le sentiment que cette voix est plus toi qui recoupe des informations, qui ressent de la peur ou de l'intérêt, qu'une voix extérieure."



Cela dépend intégralement de ta définition de "soi". Si tu t'identifie aux voix qui parlent dans ta tête alors elles sont toi. Pour vous raconter mon film intérieur je me suis placé dans un état de témoin. Mon sens du moi était investit dans la chose qui perçoit plutôt que dans la chose qui pense. (je sens que je suis pas claire, mais j'arrive pas à faire mieux...)


"Je ne crois pas que tu aies le choix de ne pas écouter cette voix, puisque tu en es l'origine."



Quand la voix parle, je l'entend et je ne peux pas "ne pas l'écouter". Par contre j'ai un bouton stop qui me permet de l'arrêter. Ce n'est pas que je ne l'écoute plus, c'est qu'elle ne parle plus.


"Percevoir ces voix comme extérieures peut te donner le sentiment de perdre le contrôle de toi-même. Je te conseille d'aller voir un.e psychothérapeute formé en psychologie cognitive si tu crois percevoir la réalité à travers un voile, ou d'entendre des voix internes "extérieures" "



Je pense que cette phrase est déplacée. Je ne suis ni mal à l'aise, ni vexé et je sais que tu dis ça pour prendre soin de moi. Mais je pense que ça ne se fait pas de le dire comme ça. (des personnes plus compétentes en relations sociales normal pourront me confirmer ou me détromper.) Néanmoins, merci du conseil, c'est gentil. Je ne pense pas avoir besoin de consulter.


"Il existe surement tout un tas de façons très différentes de percevoir le monde, ça dépend bien sûr sur quels aspects."



Je propose de faire un festival de canne du filme intérieur :P
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Kathalqa Sarr
Kathalqa Sarr
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MessageSujet: Re: A quoi ressemble votre film intérieur ?   A quoi ressemble votre film intérieur ? EmptyVen 6 Sep 2019 - 23:17

Hé coucou !


J'ai adoré le thème du post, et comme visiblement on est trèèèèèèès différents dans notre manière d'appréhender le monde j'espère que ma vision des choses pourra t'aider un peu. Ptet que y'aura une bribe de truc compréhensible ! Prépare toi aux pavés par contre.
Déjà y'a un truc qui me rend ouf, c'est que en premier, toi, ce que tu perçois c'est les sensations physiques de ton corps.


Moi pas du tout.
Mais alors.
Paaaaaas du touuuuuuuuuuuuuuuuuut.


J'ouvre les yeux (que ça soit au réveil ou n'importe quand dans ma journée), je pense. Puis j'émotionne. (on va appeler ça comme ça pour simplifier le texte).
Parfois j'ai des émotions en premier, c'est parfois le cas au réveil parce que j'ai un sommeil compliqué et/ou assez farfelu et j'ouvre les yeux sur l'émotion qu'un rêve a généré.


Mais en priorité, je pense. C'est radical. La conscience que j'ai de mon corps est très limitée. La plupart du temps, quand je ne me concentre pas sur lui (étirements au réveil, attention aux besoins primaires, gestes précis), j'ai une vague conscience que je m'en sers. C'est un peu comme si j'en sentais vaguement les contours, un peu comme... comme si tu prenais un sac, tu le remplis de nuages et voilà. C'est grosso modo la conscience que j'ai de mon corps si je ne me focalise pas sur lui. Je sais, ça fait peur. D'où la maladresse et tout ce qui va avec.


Je suis capable d'oblitérer mon corps presque totalement. Il m'arrive, quand ça me soûle de m'en occuper (attention hein, je veux pas dire que je me néglige ou quoi, plus que parfois je suis au bureau et ça me gonfle de me relever une énième fois parce que j'ai soif, mettons), de me dire « oublie le » et de me consacrer pleinement à mes pensées ou émotions. Pis quand j'ai finalement envie je reporte mon attention dessus et là ça fait « OKAY J'AI SOIF »
Le seul moment ou le corps prend le dessus sur le cerveau et s'allie aux émotions, c'est quand je danse. C'est uniquement, et je dis bien uniquement, là. (Je sais c'est triste ^^ '')


Rev'nons en au cœur du problème. Le cerveau mec, le CERVEAU. J'analyse, j'ajuste, je réfléchis en permanence. Tellement à tout tout le temps que je peux même pas te dire dans quel ordre ça se passe. J'ai toujours une musique en fond sonore dans ma tête, que j'ai généralement écoutée jusqu'à la connaître par cœur sinon mes pensées focus sur l'incomplétude de la mélodie et ça me rend folle.
Tout le reste tourne en boucle.
« Ce que j'ai fait, ce que je fais, comment je le fais, comment je vais le faire, ce que j'ai à faire, ce que je vais faire, ce que j'ai envie de faire, tiens, ça ça me fait penser à ça, et ça m'amène à ça... Hé dis ça, ça peut être cool à intégrer dans mon roman, tiens ça me fait penser à untel de mon bouquin, il s'est passé quoi il y 'a quinze jours déjà ? Et il y a trois ans j'étais là bas... Oh, t'as vu le regard de untel ? Elle, elle a bougé comme ça. Wow, je rêve où sa voix elle a baissé d'un octave ? Comment ça se fait, attend on parlait de ça et ça l'a fait réagir alors...»
Je grossis le trait, mais c'est réel, et ça va super vite.


Et en parallèle y'a les émotions qui sont autant présentes, si ce n'est plus. Faut savoir que c'est pas juste du « c'est cool » ou « ouais ok c'est un peu chiant ». Nan. La demi-mesure émotionnelle c'est très rare chez moi. C'est au travail souvent, parce que là bas je suis obligée de me canaliser.
Sinon, en moyenne c'est du + + + ou du - - - . Des souvenirs peuvent me tirer des larmes d'émotion assez facilement dans un moment random (bon ça arrive pas souvent quand même mais ça peut si je me focalise dessus), ou me faire gonfler le cœur de bonheur d'un coup.
De fait, en parallèle de la flopée de pensées ci-dessus, tu peux y ajouter :
« J'adore ce que je fais, ça me fait chier ce que je vais avoir à faire, p**ain j'ai pas envie d'être demain, oh c'est OUF cette musique elle est géniale attends je fais une pause et je danse, punaise c'est trop beau ça je pourrais rester devant des heures, mon dieu que ça c'est triste... ». J'ai mis les jurons volontairement pour illustrer le bazar. Oui, ça fait foldingue, mais tu prends un gamin de 4 ans qui découvre le monde : c'est moi.
A la vérité, mes émotions ne me paraissent pas si violentes (la plupart du temps) parce que j'y suis habituée, mais force m'est de constater que c'est pas du tout la même chose autour de moi. Je peux rester facile plusieurs minutes complètes à contempler combien, quand même, c'est incroyable la perfection des yeux de mon chat.
Vas-y, prends moi pour une débile maintenant ahah. Sauf que ça serait drôle si c'était que dans le positif. Je vis tout x1000 et une déception, c'est atroce. Un manque de quelque chose, c'est horrible. Si j'ai faim, j'ai faim maintenant. Si le son est trop fort, il m'explose aux oreilles.




Tout ça ne laisse pas vraiment de place à la conscience de mon corps. La partie analytique et la partie émotionnelle sont ultra présentes. Trop. La pensée et le ressenti émotionnel phagocytent toute mon énergie. C'est un afflux constant, presque un matraquage. C'est pour ça que je peux même pas expliquer foncièrement comment je fais les analyses que je fais, parce que ça va trop vite, ça dit trop de choses en même temps, ça arrive trop vite à une conclusion puis à une nouvelle question qui bifurque et qui revient sur l'ancienne et.... Fouh. J'ai mes réponses, c'est ok.
Les seuls moments de « pensée organisée » que j'arrive à glaner, ce sont les moments de création. Tout s'emboîte alors, tout prend sens et ralentit. Toute l'énergie se dirige en un seul point.

J'ai pas de film intérieur, j'ai un cinéma entier avec toutes ses salles x).


Je ne mène pas une réflexion sur un sujet avec des pauses de type « non, cela n'a pas de sens ». J'en mène, ch'ais pas, minimum trois ou quatre en même temps. Je suis tout le temps absorbée par ce qui se passe « dedans » et j'ai énormément de mal à vivre « dehors ». Pour ça, j'ai besoin des gens et de situations très très très stimulantes. Sinon, je peux tout faire, y compris des conversations, en mode quasi automatique (mais en suivant quand même ce qu'il se passe) et continuer à réfléchir pleine bille derrière au sens de ma vie et à la teinte exacte du bleu de l'écharpe de madame.


Si t'as des questions précises, hésite pas.
Si le texte t'a laissé un peu hagard, pardon mais c'est exactement ce qu'il se passe pour moi tous les jours : être hagarde quand je sors de ma tête.
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Voguerêve
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Maître Floc Floc
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MessageSujet: Re: A quoi ressemble votre film intérieur ?   A quoi ressemble votre film intérieur ? EmptyDim 8 Sep 2019 - 22:27

Katha, merci pour ta réponse. :)


Je ne suis pas hagard, je suis fasciné !

"J'ai toujours une musique en fond sonore dans ma tête"


Moi aussi, j'ai très souvent de la musique dans la tête. Mais je fais pas une fixette dessus si j'ai pas la fin de la mélodie.


"Déjà y'a un truc qui me rend ouf, c'est que en premier, toi, ce que tu perçois c'est les sensations physiques de ton corps.

Moi pas du tout.
Mais alors.
Paaaaaas du touuuuuuuuuuuuuuuuuut."

Le fait que j'essaye de rester ancré dans mon corps en m'arrachant à mes projections et analyses est un choix. Le fait que j'y arrive dans une certaine mesure provient d'un entrainement. C'est (entre autre) pour discipliner mon esprit que je pratique le yoga depuis 10 ans. Si je ne le contrôlais pas, je pense que mon esprit pourrait ressembler au tient du point de vue analytique (il serait peut-être moins rapide, je n'ai jamais expérimenté une intensité telle que tu la décrit). Au niveau émotionnel, il se passe habituellement pas grand chose chez moi, la plupart des situations, des choses et des gens me laissent relativement indifférent. Je déteste juste avoir des émotion négatives (peur, colère, désespoir, envies de meurtre ou de quelconque acte de violence). Je sais pas comment réagir quand elles surgissent et je ne sais pas m'en débarrasser de manière efficace. J'ai un peu l'impression qu'elles restent "collées".


Maintenant les questions :


"Tout ça ne laisse pas vraiment de place à la conscience de mon corps. La partie analytique et la partie émotionnelle sont ultra présentes. Trop. La pensée et le ressenti émotionnel phagocytent toute mon énergie."

Est-ce que tu considère ta manière de fonctionner comme problématique ? Est-ce que tu voudrais changer des choses ?


"Et en parallèle y'a les émotions qui sont autant présentes, si ce n'est plus"


Comment tu fais pour gérer tes émotions ? Tu trouve ça normale d'avoir des émotions négatives ? Combien de temps les émotions restent coincée en toi ?






Hésite pas à poser des questions toi aussi, si tu veux.
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Voguerêve
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MessageSujet: Re: A quoi ressemble votre film intérieur ?   A quoi ressemble votre film intérieur ? EmptyLun 9 Sep 2019 - 13:48

Ma sœur a trouvé le sujet intéressant et partage son film intérieur avec nous :


Quand je me réveil je ressent d’ abord des sensations physiques, le bruit, la lumière, les odeurs, et surtout mon propre corps. Je ressens la moindre tensions, blocage, ou douleur. Ensuite tant que je fais une activité qu’elle soit physique ou mentale je ressens mon corps en arrière plan ( j’ai conscience de ces problèmes mais ils ne gênent pas ) et l’esprit, avec les pensées et les émotions, est soit :


- complètement présent avec des pensées et des émotions négatives qui tournent en boucle (essentiellement angoisse et culpabilité, doute) ou alors une remise en question ou je ne vois que le négatif qui a tendance à me faire angoisser et culpabiliser encore plus, puis déprimer parce que j’ai l’impression de ne pas faire assez bien. Cela m’empêche de faire quoi que se soit, car je ne trouve plus les mots, mes images mentales deviennent flous, dans les activité manuelles je me met à trembler et à ne plus bien sentir, je ne sais plus ce que je doit faire. Le seul truc possible ce sont les activités tellement physique et stupides que la tête n’a plus son mot à dire (du genre monter puis redescendre à fond de balles 3 fois d’affiler une pente en vélo).


- Complètement présent et concentré sur la tache à accomplir : Ça n’arrive que sur de courte période (pas plus d’une ou 2 heures d’affiler) uniquement si je me sens bien physiquement et mentalement. Là tout paraît simple, clair, les mots, ou ce qu’il faut faire vient tout seul, sans aucun doute. Dans ces moments là je suis parfaitement maître de mon esprit : je vois dans ma tête ce que je veux voir, j’entends ce que je veux entendre, sans parasite.


- Présent comme un fond sonore (agréable ou pas en fonction de l’émotion).



Globalement plus l’activité mentale est compliquée ou importante, moins j’arrive à faire abstraction des mes états mentaux négatifs. Et plus je fait du sport ou que je prend du bon temps en bonne compagnie plus je peux les ignorer.
Pour ce qui est des pensée positive, ou drôle elles ont tendance à se manifester brièvement sous la forme d’un souvenir (comme une petite vidéos) qui me tire un sourire ou un fou rire, puis elles disparaissent en me laissant de bonne humeur.


Sinon quand je ne fait rien, et en particulier quand je suis seule depuis longtemps, c'est le moment de l’introspection. Mon esprit ne divague pas, ne me montre pas d’image ou de son, ni de mots. Je ressent juste un état globale de bien être ou de mal être. En fait j’ai l’impression que mon esprit fait tout seul le bilan des choses les plus évidentes, et quand c’est négatif il fait peser un gros nuage noir émotionnel sur mon humeur et fait tourner 2-3 infos en boucle dans mon esprit en permanence. Alors pendant ces temps de calme je me force à reprendre un point de vue plus objectif sur ma situation, en cherchant aussi les bons cotés, en ciblant les problèmes et en trouvant des solutions pour faire mieux la prochaine fois. Je note tout : ce que je doit faire, ce qu’il faut améliorer ... comme ça les pensées et émotions arrêtent de tourner en boucle.


Le même phénomène se produit la nuit quand j’essaie de m’endormir sauf que les tensions du corps, que j’ignore la journée, me tiennent éveillée, et permettent à l’esprit de continuer de carburer toujours en bégayant les mêmes 3 choses qui m’angoissent à ce moment là.
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Kathalqa Sarr
Kathalqa Sarr
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MessageSujet: Re: A quoi ressemble votre film intérieur ?   A quoi ressemble votre film intérieur ? EmptyMer 11 Sep 2019 - 20:57

Alooooooors.


Merci de ta réponse (oserais-je dire, bienveillante ?). J'ai toujours un peu peur qu'on me prenne pour une folle quand je raconte ce qu'il se passe sous mon crâne, sans doute parce que je ne l'assume pas encore totalement moi-même.


Je crois qu'après des années de yoga je parviendrai aussi à calmer mon mental, mais je pars de très loin. Après plus d'un an de pratique, je viens seulement de comprendre que sans doute, je n'abordais pas le yoga de la bonne façon et que je cérébralisais trop (ça veut rien dire mais t'as compris).
J'ai envie de te dire que j'ai grossi le trait et que tout n'est pas toujours aussi intense, mais si je suis franche avec moi-même je te le dis : en ce moment ça va mieux, parce que je vais mieux. Quand je ne vais pas bien, je ne gère plus rien et c'est la tempête de cerveau toute la journée. 

J'ai grandi avec une personne très très négative, aussi je lutte en permanence contre mon schéma de "voir les risques en premier". C'est un schéma qui, ajouté à l'intensité de pensée, devient vraiment dangereux. J'ai déjà fait plusieurs départs de dépression. Quand le négatif tourne en boucle de façon aussi intense, je finis la journée complètement exsangue et plus rien n'a de goût. Je connais donc très bien ce sentiment d'avoir les idées négatives "collées". 
J'ai dépassé majoritairement les pensées violentes envers les autres (ce n'était pas le cas fut un temps), elles se font bien rares même quand ça va mal. Mais je garde un noeud de violence qui m'effraie assez quand ça ne va pas du tout, un peu comme un animal acculé passe à l'attaque. Il faut malgré tout pousser très loin pour que j'en arrive là.



Ma façon de fonctionner est problématique pour moi, encore. Et pour les autres parfois c'est un frein, qu'ils ressentent sans en savoir la nature je pense. 
Les émotions, elles me posent moyennement de souci. A vrai dire, je veux et suis en chemin pour les écouter et les vivre plus, plus pleinement. Ce sont elles qui font le sel de ma vie. Elles sont belles et gigantesques. J'apprends à la fois à les écouter plus et à les gérer mieux.
ET
ça passe par la gestion de la pensée analytique. C'est elle le problème. Elle m'est très utile mais n'est pas du tout canalisée et écrase tout sur son passage. Elle va à l'encontre de mes émotions, les contrarie en permanence sans les faire disparaître. Quand mes émotions me disent que je suis bien, ma tête me dit "hé, tu dois t'inquiéter de ça". Quand mes émotions me disent que je ne vais pas bien, ma tête me fait "oh abuse pas, t'en a pas marre d'être la chialeuse tout le temps ?".
Elle n'a rien de doux, de bienveillant ou de foncièrement constructif utilisée seule. Et ce qu'elle essaye de faire, c'est de couvrir tout le reste pour être utilisée seule, justement. Elle est juste froide, analytique, forgée par des expériences pas forcément saines. De fait, elle m'emmène toujours au delà de mes limites (pas de ma zone de confort, de mes limites réelles) et elle est vraiment, vraiment, vraiment néfaste si je n'y prend pas garde. Plus je lutte contre elle, plus elle force.


Je suis donc dans un processus d'écoute de mes émotions, et d'acceptation de la partie analytique pour pouvoir mieux la gérer. En gros, j'apprends à tout ralentir dans mon film intérieur.
Pour imager: les émotions me donnent un film très coloré et vivant, souvent assez lent mais très fort.
La partie analytique me donne un film gris, ultra rapide auquel je ne comprends rien et qui n'a pas de saveur. 




Je sais que les émotions sont plus profondément ancrées en moi que la pensée analytique. Celles que je nourris deviennent le tramplin de toute ma vie. Aussi, quand j'ai des émotions négatives, j'essaye maintenant de m'ouvrir à elles plutôt que de les cacher au fond de moi et de les refuser.
C'est facile à dire, beaucoup moins à faire.
J'essaye de pleurer dès que j'en ai besoin, de ne plus me retenir. Si il le faut, j'explique alors à mon interlocuteur que ce n'est pas grave, mais que c'est comme ça que ça sort chez moi. Si je ressens de la violence, j'essaie de ne plus la compresser dans mon ventre. J'ai réussi deux fois à hurler dans ma voiture (à 24 ans, j'ai réussi 2 fois, et uniquement dans les 6 derniers mois), et ça libère de fou. Si vraiment c'est intenable, je me défoule sur quelque chose qui ne fera de mal à personne (un coussin, mon lit, j'essaie d'éviter les pulsions qui me poussent à taper dans un mur: me heurter moi même n'aide pas à la cause).
J'écris les émotions négatives, je les danse, je les hurle, je les pleure, je les marche dans la nature, je les évacue dans le sport si j'arrive à le faire sans m'énerver encore plus. Je les chante même. Tout est bon pour les laisser sortir, autant qu'il faut. Pas pour les cracher, mais pour les écouter, les laisser s'évacuer avant d'en chercher la source, puis les potentielles solutions. 

J'essaie de ne plus ignorer, de ne plus "essayer de tenir". Il m'arrive d'admettre que je vais péter un plomb et de quitter une pièce alors que je ne m'y autorisais pas avant. je l'assume, je le porte. C'est moi et ça fera toujours partie de moi. Quand c'est sorti, je me repose puis je passe au "pourquoi ? Comment je peux régler ça ? Comment je peux éviter de revivre ça à l'avenir ?".

C'est fatigant, mais ça en vaut tellement la peine. J'évite ainsi tout un tas de confrontations qui auraient pu tourner de manière extrêmement heurtantes pour les deux parties. 
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Kathalqa Sarr
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MessageSujet: Re: A quoi ressemble votre film intérieur ?   A quoi ressemble votre film intérieur ? EmptyVen 13 Sep 2019 - 11:55

Post en doublon pour une illustration très concrète du problème: J'ai appris hier après midi que je n'aurais peut être plus de job fin janvier, et que on me reprochait encore une fois d'être trop introvertie.


La spirale est enclenchée depuis hier soir, j'ai des pensées grises qui me cognent dans le cerveau en boucle et j'ai du mal à m'autoriser à les laisser sortir. J'ai la pensée que "pleurer pour ça c'est débile" et en même temps j'en meurs d'envie. La contradiction et l'opposition sont très fortes, et je peux t'assurer que d'un point de vue intérieur c'est ravageur...
J'ai des pensées très dures envers moi et envers les autres, j'ai envie de mordre dès qu'on me parle d'introversion, et même quand j'essaie de me détendre ou de me changer les idées tout reste en toile de fond. Un peu comme un murmure vicieux auto-saboteur à une oreille.
Je sais que ça ira mieux. Mais en attendant, les émotions négatives "collent" et le mental m'empêche de les laisser s'épancher. 
C'est un peu comme l'autocensure au final. Enfouir un problème ne le résout jamais, mais deux parts de moi n'ont pas du tout le même avis sur comment faire pour l'éliminer.
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A quoi ressemble votre film intérieur ?
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